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Négligence

Publié dans : Négligence
Samedi 30 juin 2007 6 30 /06 /Juin /2007 00:02
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290  Logiciel THN

Les psychologues neuropsychologues ont sans doute connu le logiciel «Zorglub» développé par le regretté Gérard Deloche, Thérèse Hirsbrunner, Xavier Seron et Catherine Bergego. Ce logiciel de tests (4 tests) et de rééducation de l'héminégligence visuelle conserve, me semble t-il, toute sa pertinence.

co03-verso-image1.gif


Depuis le 01/01/2004, le logiciel THN, qui en est le descendant, est distribué gratuitement sur le principe du freeware. Cependant, après 60 jours d'essai, vous devrez remplir un formulaire pour obtenir votre nom d'utilisateur et une clé personnelle d'enregistrement.
Ce genre de licence n'a d'autre but que de permettre à l'auteur, Nicolas Thiebauld, de savoir qui utilise, après essai, le fruit de son travail!!!

Bien qu'apparemment abandonné au niveau du développement, je l'ai téléchargé sur une bécane sous windows XP et il apparaît que tout fonctionne sans problèmes.

Je serais ravi si l'un ou l'autre utilisateur voulait nous en faire une description plus complète.

 

http://www.lerault.fr/thn


N.B. Les dessins ci-dessus ont été empruntés sur rezoscience.ch

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Publié dans : Négligence
Vendredi 11 août 2006 5 11 /08 /Août /2006 00:00
- Laissez-nous un petit mot.

85 Héminégligence et mémoire de travail visuo-spatiale.

 
 

Michel Denis fait ICI une présentation résumée en français de deux articles fort intéressants :

[1] Denis, M., Beschin, N., Logie, R. H., & Della Sala, S. (2002). Visual perception and verbal descriptions as sources for generating mental representations: Evidence from representational neglect. Cognitive Neuropsychology, 19, 97-112.
[2] Della Sala, S., Logie, R. H., Beschin, N., & Denis, M. (2004). Preserved visuo-spatial transformations in representational neglect. Neuropsychologia, 42, 1358–1364. pdf

 

Ces études tendent à montrer que les patients qui présentent une négligence représentationnelle n’ont pas de difficultés à diriger leur attention du côté négligé de leurs représentations mentales mais ont bien un déficit latéralisé de leur mémoire de travail visuo-spatiale.

 

D’autres auteurs ont montré qu’un déficit non latéralisé de la mémoire de travail visuo-spatiale contribue de façon non négligeable aux déficits de certains patients qui présentent une négligence perceptuelle.

- Malhotra, P., Mannan, S., Driver, J. & Husain, M.  (2004).  Impaired spatial working memory: One component of the visual neglect syndrome?  Cortex, 40, 667-676.  pdf

- Pisella, L., Berberovic, N., & Mattingley, J. B. (2004). Impaired working memory for location but not for colour or shape in visual neglect: a comparison of parietal and non-parietal lesions. Cortex, 40, 379–390. Cherchez dans les archives de Cortex-Online

 

Ceci a d’ailleurs conduit à la construction de nouveaux tests de la mémoire de travail visuo-spatiale beaucoup plus pertinents que le célèbre empan des blocs de Corsi :

- Malhotra, P., Jager, R., Parton, A., Greenwood, R., Playford, E.D., Brown, M.M., Driver, J. & Husain, M.  (2005).  Spatial working memory capacity in unilateral neglect.  Brain, 128, 424-435. pdf

 
 

Vous trouverez encore de nombreuses références (avec abstracts) sur ces sujets à la fin de l’article suivant :

“The neurological basis of visual neglect” par A. David Milner and Robert D. McIntosh. pdf

 
 

Enfin, je profite de ce message pour vous signaler un livre récent sur la mémoire de travail : Short Term/Working Memory. Special Issue for the Second Quebec Conference on Short-Term/Working Memory. Edited by Ian Neath, Gordon D.A. Brown, Marie Poirier, Claudette Fortin. ISBN = 1841699659 | 02 JUN 2005

Entre autres choses, vous y trouverez le chapitre suivant:

R.H. Logie, S. Della Sala, N. Beschin, M. Denis. Dissociating Mental Transformations and Visuo-spatial Storage in Working Memory: Evidence from Representational Neglect.


Bill

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Publié dans : Négligence
Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 05:00
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31 Articles résumés traitant de l'héminégligence

Pour terminer cette petite série de résumés d’articles concernant l’héminégligence, je vous suggère d’aller à la page suivante du site de l’Université de Liège.

http://www.ulg.ac.be/neuropsy/cours/quest_appr2005-2006.html#download

 

Vous y trouverez les présentations faites cette année par des étudiants sur ce thème.

 Note d'août 2006. IMPORTANT: Il semble que ces présentations ne sont plus accessibles sur le site de l'ULG. Si vous en trouvez la trace, prévenez-moi.
Et, si les auteurs passent ici et s'ils acceptent de transmettre leurs travaux sur ce blog, ce sera avec plaisir.

Bill


1.     Riddoch & Humphreys (1983). The effect of cueing on unilateral neglect.

2.     Bisiach & Luzzatti (1978). Unilateral neglect of representational space

3.     Bisiach, E., Luzzatti, C., & Perani, D. (1979). Unilateral neglect, representational schema and consciousness.

4.     Berti & Rizzolatti (1992). Visual processing without awareness: Evidence from unilateral neglect.

5.     Na et al. (1998). Dissociation of sensori-attentional from motor-intentional neglect.


6.     Michel et al. (2003). Simulating unilateral neglect in normals using prism adaptation : Implications for theory.

7.     Bjoertomt et al. (2002). Spatial neglect in near and far space investigated by repetitive transcranial magnetic stimulation.

8.     Shalev & Humphreys (2000). Biased attentional shifts associated with unilateral left neglect.

9.     Lepore et al. (2004). Spatial transpositions across tasks and response modalities : exploring representational allochiria.

10.   Maguire & Ogden (2002). MRI brain scan analyses and neuropsychological profiles of nine patients with persisting unilateral neglect.

11.   Chokron et al. (2002). Visual, proprioceptive and tactile performance in left neglect patients.

12.   Lux et al. (2006). Directed and divided attention during hierarchical processing in patients with visuospatial neglect and matched healthy volunteers.

13.   Bartolomeo et al. (2005). Time to imaging space: A chronometric exploration of representational neglect.

14.   Harvey et al. (2003). The effects of visuomotor feedback training on the recovery of hemispatial neglect symptoms: Assessment of 2-week and follow-up intervention.

15.   Redding & Wallace (2006). Prism adaptation and unilateral neglect: Review and analysis.


  •  
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Publié dans : Négligence
Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 01:00
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30 Titre: Rehabilitation by limb activation training reduces left-sided motor impairment in unilateral neglect patients: A single-blind randomised control trial.
Auteurs : Robertson, I.H., McMillan, T.M.., MacLeod, E., Edgeworth,
J., & Brock, D.
Revue : Neuropsychological Rehabilitation, 2002, 12 (5), 439-454



Sujets

40 patients souffrant d'une lésion hémisphérique droite et d'une héminégligence gauche (score < ou = 51 au test de barrage d'étoiles du Behavioural Inattention Test ou score < ou = 7 au test de bissection de lignes du BIT avec au moins deux des trois lignes coupées à droite du centre).

Les sujets sont aléatoirement répartis en deux groupes : 19 seront intégrés dans la condition LAT + PT et 21 dans la condition PT seule (voir plus loin).

35 patients ont pu être suivis 3 mois après la phase expérimentale, 32 ont été suivis 6 mois après et 26 ont pu être suivis 18 à 24 mois plus tard.


Conditions expérimentales

Chaque sujet a bénéficié, en plus de ses prises en charge habituelles, d'une séance de rééducation de 45 minutes par semaine, et cela durant 12 semaines (phase expérimentale). On notera que les patients du groupe PT ont eu statistiquement plus d'heures de rééducation habituelles que ceux du groupe PT + LAT, du moins durant les trois premiers mois qui ont suivi la phase expérimentale.

- PT (Perceptual Training) + LAT (Limb Activation Therapy). Les patients de ce groupe bénéficieront de 12 séances durant lesquelles des exercices d'entraînement perceptuel sont proposés (lecture, écriture, barrages, jeux de dominos et de cartes, …).
Durant ces séances, un LAD (Limb Activation Device) est aussi attaché du côté gauche du corps (bras, jambe ou épaule). Ce LAD est programmé pour qu'il émette un bruit si un mouvement n'est pas réalisé avant la fin d'une période de temps déterminée. Au début cette période était fixée à 30 secondes. Elle était graduellement raccourcie en fonction des performances des patients de façon à augmenter au maximum le nombre de mouvements réalisés.
- PT (Perceptual Training only). Les patients de ce groupe sont soumis aux mêmes exercices de balayage visuel et un LAD est placé sans être activé. On dit simplement aux patients qu'il est là pour attirer leur attention sur le côté gauche du corps.


Les mesures

On l'aura sans doute compris, les patients sont testés à 5 moments :
- T1 : avant la phase expérimentale
- T2 : juste après
- T3 : 3 mois après
- T4 : 6 mois après
- T5 : 18 à 24 mois après

Plusieurs mesures sont effectuées :
- Mémoire (rappel d'un texte) en T1
- Champs visuels et extinction visuelle en T1
- Extinction tactile en T1
- Echelle d'anxiété/dépression en T1
- Test d'attention en T1
- Test des ballons (test d'héminégligence en T1 et T5)
- Une mesure de nosognosie en T1 et T4)
- Echelle de Barthel et/ou échelle de Nottingham (mesures d'indépendance fonctionnelle), échelle d'évaluation fonctionnelle de l'héminégligence de Catherine Bergego et Indice de Motricité (voir pour plus de détails l'article de Collin & Wade : Assessing motor impairment after stroke : a pilot reliability study, Journal of Neurology, Neurosurgery, and Psychiatry, 1990, 53, 576-579) en T1, 2, 3, 4 et 5
- Plusieurs test d'héminégligence, à savoir le BIT (Behavioural Inattention Test), tests du rasoir et du peigne, jugement de l'extrémité la plus proche d'une bissection de lignes de 200 mm de long (le Landmark test)en T1, 2, 3 et 4


Résultats

En phase pré expérimentale, il n'y a aucune différence significative entre les deux groupes en dehors du fait que les patients du groupe PT sont meilleurs au test de mémoire que les patients du groupe PT + LAT.

Parmi toutes les autres comparaisons, une seule est significative. Elle concerne l'index de motricité. En effet, les patients du groupe PT + LAT sont les seuls à présenter une amélioration significative à ce test (membres gauches) et cette amélioration suit la phase expérimentale et se maintient jusqu'en T5 (18 à 24 mois après). De T1 à T5, les scores moyens du groupe sont respectivement : 53.0, 62.0, 66.1, 67.3, 67.7 (le score maximal possible est de 100). Pour les patients du groupe PT, les scores sont les suivants : 44.5, 48.4, 51.0, 49.6 et 44.9.


Interprétation

- Les auteurs n'insistent pas sur les interactions temps x traitement qui ne sont pas observées. En particulier, ils auraient sans aucun doute espéré montrer que les patients mis en condition PT + LAT progressaient plus que ceux mis en condition PT seule dans les tests d'héminégligence et dans les mesures d'indépendance fonctionnelle. Ces interactions n'étant pas vérifiées, ils ne les discutent pas. On peut cependant soulever la question de l'efficacité du traitement par indiçage spatio-moteur (du moins au-delà de l'efficacité d'un traitement perceptuel seul) lorsqu'il est réduit à une séance par semaine. Encore faut-il noter que, contrairement à ceux qui avaient été notés dans des études de cas isolés, les résultats rapportés ici portent sur des comparaisons de groupes.

- Les auteurs se concentrent sur le résultat assez spectaculaire qui tend à démontrer (ces résultats demandent certes à être validés par d'autres études) que l'indiçage spatio-moteur (LAT) a un effet à long terme sur l'évolution des fonctions motrices de l'hémicorps gauche des patients héminégligents. Voilà donc une technique simple, peu coûteuse, intégrée aux autres et qui a donné, en à peine 8 heures de rééducation, des résultats positifs.


Bien que l'exprimant assez différemment, j'espère ne pas trahir les auteurs en disant que l'indiçage spatio-moteur agirait sur la composante attentionnelle (négligence motrice) qui participe ou s'ajoute aux troubles sensitivo-moteurs que présentent souvent les patients hémiplégiques gauches et qui contribue à rendre ceux-ci difficiles à rééduquer. Si tel est le cas, ceci suffirait à justifier l'utilisation de cette technique simple à appliquer.


http://www.tandf.co.uk/journals/pp/09602011.html
http://www.psypress.co.uk



Infos complémentaires sur le net :

- Présentation, réalisée par Meunier Marie & Bonjean François (3ième licence en psychologie, 2005-2006) sous la direction de Meulemans Thierry, de l’article suivant :

 

The effects of visuomotor feedback training on the recovery of hemispatial neglect symptoms: assessment of a 2-week and follow-up intervention.”

Auteurs: Monika Harvey, Bruce Hood, Alice North, Ian H. Robertson

Neuropsychologia, 41, (2003), 886-893

 

http://www.ulg.ac.be/neuropsy/cours/neglect/Bonjean_Meunier.pdf


- Echelle de Barthel : HTM ou PDF


- Echelle de Nottingham (PDF)


- Extinction visuelle : définition


- Extinction tactile : définition


- Occupational therapy initial assessment (PDF)

 

- Test des ballons

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Publié dans : Négligence
Mardi 30 mai 2006 2 30 /05 /Mai /2006 00:00
- Laissez-nous un petit mot.
29  Titre: Experiences of combined visual training and arm activation in the rehabilitation of unilateral visual neglect: A clinical study.
Auteurs : Brunila, T., Lincoln, N., Lindell, A., Tenovuo, O., & Hämäläinen, H.
Revue : Neuropsychological Rehabilitation, 2002, 12 (1), 27-40




Dans cette étude anglo-finlandaise, les auteurs cherchent à savoir si la technique d'indiçage spatio-moteur peut être appliquée avec les mêmes effets à des patients qui n'ont que très peu de capacités à mobiliser leur hémicorps gauche.

Quatre patients présentant des signes évidents d'héminégligence gauche (scores < 129/146 au Behaviourial Inattention Test de Wilson, Cockburn, & Halligan (1987) participent à l'expérience :
P1 : score BIT = 66, usage complet de la main gauche, NIC (niveau cognitif général) = moyen
P2 : score BIT = 120, mouvements complets de l'épaule, NIC = supérieur
P3 : score BIT = 108, mouvements complets de l'épaule, NIC = moyen
P4 : score BIT = 96, mouvements minimes de l'épaule, NIC = faible

La procédure s'étend sur 9 semaines dans un paradigme ABA : établissement de la ligne de base, rééducation, évaluation post thérapeutique. Chaque phase dure 3 semaines.

Sept tests étaient administrés à la fin de chacune des 9 semaines :
- T1 : Barrage d'étoiles. 56 petites étoiles, 52 grandes, 13 lettres et 10 mots sont présentés. Le patient doit barrer les petites étoiles.
- T2 : Barrage de lettres. Une lettre cible à barrer 40 fois parmi d'autres lettres.
- T3 : Barrage de lignes. 40 lignes à barrer.
- T4 : Bissection de lignes. Trois lignes à couper en 2. Le score est fonction des déviations par rapport au centre.
- T5 : Lecture d'un article en trois colonnes. Le score est fonction des mots omis.
- T6 : Copie de la figure de Rey.
- T7 : Dénomination de 20 objets symétriquement disposés dans un dessin.

Durant la phase de traitement (B), 12 séances d'une heure de rééducation (4 par semaine). Il s'agissait d'une thérapie classique faite de tâches incitant à l'exploration visuelle du champ gauche.
Tout en réalisant ces exercices, les patients étaient invités à faire un mouvement toutes les 5 secondes environ.
P1 devait serrer et ouvrir le poing gauche. P2, P3 & P4 (ce dernier n'a jamais pu se soumettre à la tâche durant une séance complète) devaient bouger l'épaule.


Globalement, les résultats indiquent que la rééducation est efficace dans les tests T5, T1, T2 et T6. Cependant, il y avait une variabilité importante inter et intra sujet et entre les tests.

Je ne détaille pas ici les résultats. En réalité, tous les patients répondent positivement au traitement. Seul le patient P4 ne progresse pas au test de lecture et tous progressent aux tâches de barrage.

Ces résultats m'ont paru bien difficiles à interpréter (il y a combinaison de deux types de thérapie, la durée du traitement est assez courte et il est difficile de comparer l'intensité du traitement par indiçage spatio-moteur entre les patients, les performances sont parfois très variables et cela déjà en phase pré thérapeutique.

On retiendra cependant
- que cette combinaison de deux thérapies peut donner des résultats chez certains patients ;
- qu'au moins il y a de possibilité de mouvoir une partie gauche du corps ET/OU au plus le niveau cognitif général est faible, au plus il est difficile d'obtenir des résultats ;
- que l'indiçage spatio-moteur peut être engendré sans utiliser un dispositif spécial (même si celui-ci est, il me semble préférable) ;
- que cette technique est peu contraignante et qu'on ne risque rien à l'utiliser.

On se posera aussi sans doute la question de savoir s'il ne faudrait pas limiter les tâches d'exploration visuelle à celles qui ne nécessitent pas d'utiliser la main droite (du moins lorsque l'on invite le patient à bouger un membre gauche dans l'espace gauche).
En effet, nous avons vu dans l'introduction à cette série que l'effet d'indiçage spatio-moteur peut être annulé dans ces conditions.


http://www.tandf.co.uk/journals/pp/09602011.html
http://www.psypress.co.uk


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INFORMATIONS UTILES

- A l'adresse suivante, vous trouverez un intéressant résumé critique (en anglais) de l'article :
Katz N, Hartman-Maeir A, Ring H, Soroker, N. Functional disability and rehabilitation outcome in right hemisphere damaged patients with or without unilateral spatial neglect. Arch Phys Med Rehabil 1999; 80: 379-384
http://www.dcn.ed.ac.uk/step/nov1999/ref8.htm

- Vous trouverez le BIT (Rivermead Behavioural Inattention Test) ICI.


- Plumer, P., Morris, M.E., & Dunai, J. Assessment of unilateral neglect. Physical Therapy, 2003, 83 (8), 732-740. :
http://www.ptjournal.org/PTJournal/Aug2003/ad080300732p.pdf
Pour plus d'infos sur le Journal of the American Physical Therapy Association :
http://ptjournal.org/Jan2004/toc.cfm

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Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /Mai /2006 02:00
- Laissez-nous un petit mot.
28  Titre: Rehabilitation of unilateral neglect in the acute recovery stage: The effect of limb activation therapy.
Auteurs : Maddicks, R., Marzillier, S.L., & Parker, G.
Revue : Neuropsychological Rehabilitation, 2003, 13 (3), 391-408


Les auteurs tentent de répliquer l'étude de Robertson et al. (1998) en utilisant des tests différents et en appliquant la procédure chez un patient dont la lésion est beaucoup plus récente (8 semaines).
Ceci conduit les auteurs à adopter un paradigme ABABA où les phases B sont les périodes de rééducation expérimentale et les phases A les périodes d'établissement de la ligne de base, d'arrêt du traitement et d'évaluation post thérapie. Chaque phase dure 5 jours (pas les week-ends) et les trois tests sont donc proposés 25 fois sur 5 semaines. Durant les 5 semaines, le patient continuait à bénéficier d'une thérapie occupationnelle et kinésithérapeutique. Durant les phases expérimentales (B), un dispositif similaire à celui employé par Robertson était utilisé durant des séances de 40 minutes SANS autres activités. L'appui sur l'interrupteur était réalisé avec le pied gauche, la main n'étant pas utilisable.

Notons que ce patient était parfaitement nosognosique.

Les trois tests quotidiens étaient :
- Le test du rasoir (pendant 1 minute, voir un message précédent sur PONTT).
- Le test dit des pièces de monnaie. 54 pièces (1 pouce, 2 et 5 pouces) sont disposés sur la table de façon équilibrée droite/gauche. La tâche est de ramasser le plus de pièces en une minute. L'estimation de la négligence se fait en comptant les pièces qui restent de chaque côté de la ligne médiane.
- Le test des formes. Vingt pièces de formes et de couleurs variables sont disposées symétriquement sur un mur à 3 mètres du patient qui doit dénommer ce qu'il voit. On compte les pièces non vues à gauche.


Les résultats de cette étude sont en réalité peu informatifs. En effet, il s'avère :
- que le patient ne néglige pas dans la tâche du rasoir (même lors de la première phase A),
- qu'il adopte une stratégie de ramassage des pièces droite/gauche qui ne permet pas de conclure qu'il néglige effectivement dans l'espace extra personnel proche,
- qu'il y a une amélioration des performances dans la tâche des formes et que cette amélioration se poursuit après traitement mais que, malgré les précautions prises, on ne peut rejeter l'hypothèse que cela soit du à une amélioration spontanée (des progrès apparaissent déjà durant la première phase A).


Notons encore que le patient a été soumis avant et après (6 semaines d'intervalle) à l'échelle d'évaluation fonctionnelle de l'héminégligence de Catherine Bergego (Bergego et al., Annales de Réadaptation et de Médecine Physique, 1995, 38, 183-189 ; Azouvi et al., Neuropsychological Rehabilitation, 1996, 6, 133-150). Cette échelle porte sur 10 questions ayant trait à 10 activités quotidiennes (manger, s'habiller, …). Pour chaque question, la négligence est estimée sur une échelle à 4 points (0 = pas de négligence, 3 = négligence sévère). Avant et après l'expérimentation, le patient garde un score sévère de 10/30.


Si les résultats expérimentaux de cette étude sont peu révélateurs en définitive, on voit cependant à quel point il peut être difficile de juger de l'efficacité d'une tentative de rééducation à la phase aiguë de l'accident (choix des tests, fiabilité des mesures, variabilité des performances chez un même sujet testé à différents moments d'une même phase, possibilités motrices et attentionnelles globales).

L'intensité et la longueur du traitement pourraient aussi être des facteurs décisifs. De même peut-être que l'absence ou non de conscience de l'héminégligence.


http://www.tandf.co.uk/journals/pp/09602011.html
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Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /Mai /2006 01:00
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27  Titre: Rehabilitation of unilateral neglect: Improving function by contralesional limb activation.
Auteurs : Robertson, I.A., Hogg, K. & McMillan, T.M.
Revue : Neuropsychological Rehabilitation, 1998, 8 (1), 19-29


Pour rappel, la technique d'indiçage spatio-moteur dans la rééducation de l'héminégligence se fonde sur l'idée que l'attention spatiale relève de plusieurs circuits dissociables qui activent les les neurones prémoteurs dans un système de référence spatiale. Les mouvements d'une partie gauche du corps activent les circuits moteurs de l'hémisphère droit et les circuits attentionnels associés, ce qui accroît l'attention portée à l'hémichamp gauche.

Plusieurs études de cas ont montré que la technique pouvait réduire la négligence et améliorer les performances des patients dans les activités de tous les jours, et ce même plusieurs semaines après l'arrêt de la rééducation. En effet, la conscience qu'a le patient du côté gauche de son corps augmentant, la probabilité de faire des mouvements spontanés avec ce côté gauche croît et l'indiçage spatio- moteur s'entretient en boucle.


L'étude présentée ici cherche à répliquer ces observations et à voir si les effets sont obtenus et persistent dans les différents domaines de l'attention spatiale (espace personnel, extra personnel proche et lointain).


Un patient de 22 ans, héminégligent depuis 18 mois et souffrant d'une hémiplégie partielle gauche, est soumis quotidiennement durant 13 à 20 jours (selon les tâches) à trois tests. Suivent alors une période de 18 jours de rééducation pendant laquelle les trois tests sont proposés avant chaque séance et, enfin, une période de 8 ou 9 jours de phase post-thérapeutique durant laquelle les tests sont à nouveau présentés quotidiennement.


Les trois tests utilisés sont :
- Le test du peigne (espace personnel, voir un message précédent sur PONTT).
- Le test de navigation (espace lointain ou locomoteur). Une route composée de 7 portes et de 3 couloirs est fixée dans l'hôpital. Ce chemin est réalisé dans les deux sens et on note à chaque fois (20 estimations) si les portes ou les couloirs sont franchis à droite, à gauche ou au centre.
- Le test de la planche de cuisson (espace proche). Le patient doit disposer, de façon aussi symétrique que possible, 16 blocs de bois (les brioches) sur un plateau de 50 x 75 cm comme s'il voulait les mettre au four. On compte les blocs mis à gauche et à droite.


Durant les trois phases de l'étude, le patient bénéficiait d'une thérapie occupationnelle faite d'exercices divers d'exploration visuelle (lecture, catégorisation d'images, …).
Durant la phase expérimentale proprement dite (celle du milieu), on attachait au bras gauche du patient un dispositif d'alerte : une petite boîte métallique (12 x 8 x 2 cm) avec un interrupteur qui lui est lié par un câble. Le boîtier émet un son vibrant à intervalle régulier (toutes les 8 secondes dans cette étude) et une lumière rouge s'allume. Le patient tient l'interrupteur dans sa main gauche et doit arrêter le bruit dans l'intervalle par une pression dont la force peut être ajustée à ses capacités.
Durant chacune des 18 séances de rééducation, le patient a en moyenne correctement et spontanément « éteint » le dispositif 101 fois. Il l'a fait en moyenne 5.3 fois en plus encouragé par le thérapeute et a omis de répondre 15.3 fois.



Les résultats montrent que, durant la phase thérapeutique expérimentale, il y a une diminution de la négligence dans les trois tâches. Cependant cet effet n'est maintenu à plus long terme chez ce patient que dans la tâche qui concerne l'espace extra personnel proche.
Les auteurs spéculent sur le fait que les deux autres tâches demandaient peut-être trop d'effort à ce patient souffrant de déficits sensoriels et moteurs gauches pour qu'un effet à plus long terme soit maintenu.

http://www.tandf.co.uk/journals/pp/09602011.html
http://www.psypress.co.uk

Bill



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Publié dans : Négligence
Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /Mai /2006 00:00
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26  Indiçage (visuo)-spatio-moteur et rééducation de l'héminégligence. Introduction.



Dans ce message, je vais tenter d'introduire ce qui sera sans doute le début d'une petite série de présentations traitant d'une technique de rééducation de l'héminégligence par indiçage (visuo)-spatio-moteur.

La négligence unilatérale gauche est un obstacle majeur à une revalidation fonctionnelle et au recouvrement des capacités motrices. Sa persistance constitue le meilleur indice prédictif d'une mauvaise récupération fonctionnelle après accident cérébral droit.

Dans les années 70, des programmes comportementalistes de rééducation de l'héminégligence ont été proposés. Ils étaient basés sur un entraînement systématique au balayage visuel : tâches informatisées de poursuite ou de recherche visuelle de cibles, lecture et écriture avec ancrage indicé à gauche, copie ou complétion de dessins, dessins de mémoire, assemblages de blocs,
description d'images et des relations spatiales entre objets (longueur, taille, orientation, position), dénomination d'objets dispersés et autres tâches visuo-spatiales et perceptuelles avec incitation à la recherche des informations dans le champ visuel négligé (discrimination figure/fond, tâches de barrage de signes, de bissection de lignes, jeux visuels divers comme des puzzles, des jeux de cartes, …).

Bien que plusieurs études aient démontré une amélioration du balayage visuel après un entraînement intensif, l'efficacité de tels traitements a fait l'objet de nombreuses controverses. En particulier, la généralisation des leurs effets thérapeutiques à des domaines qui n'ont pas été « traités », comme des situations de la vie quotidienne, ne semble pas aisée à obtenir.
Certains auteurs ont tenté de pallier à cette difficulté de transfert des apprentissages en insérant leur programme d'incitation au balayage visuel directement dans des activités concrètes telles que le déplacement en chaise roulante parmi des obstacles. Quoique encourageants, les résultats de ces études ne permettent pas plus de conclure à une généralisation des effets et il est, bien entendu, difficile d'imaginer que des traitements de ce genre soient appliqués dans toutes les situations concrètes qui posent problème.

Les raisons de cet échec relatif sont sans doute de deux ordres. Le premier a trait au fait que ce type de traitement ne porte que sur des processus attentionnels volontaires et non sur l'orientation automatique de l'attention. Le second, étroitement lié au premier, concerne les patients négligents eux-mêmes qui sont aussi fréquemment anosognosiques et donc peu motivés à participer activement à la rééducation.

Diverses techniques ont dès lors été utilisées, non pour encourager le patient à orienter son attention vers l'espace négligé, mais pour le forcer à le faire. Ainsi, par exemple, Beis et al. (Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 1999, 80, 71-76) ont fait porter à des patients héminégligents des lunettes dont la moitié droite de chaque verre était obscurcie. Les informations en provenance de l'hémichamp droit n'étant plus disponible (et ceci 12 heures par jour pendant 3 mois), les patients étaient forcés de faire des mouvements oculaires vers la gauche pour voir quelque chose. Cette technique a donné des résultats, augmentant le nombre de mouvements oculaires spontanés vers la gauche et améliorant les performances dans les activités quotidiennes.
D'autres encore ont cherché, en provoquant un nystagmus (mouvements involontaires des yeux) ou une illusion motrice de rotation de la tête, à induire un déplacement temporaire de la ligne médiane subjective. Il s'agit par exemple de la stimulation vestibulaire (voir un message précédent sur PONTT), de la stimulation électrique ou proprioceptive des muscles de la nuque ou de la stimulation opto-kinétique par mouvement de l'arrière-plan lors de tâches spatiales.
Enfin, le port de lunettes à prisme qui créent une distorsion immédiate de l'espace semble être une technique prometteuse dans la rééducation de l'héminégligence. Peut-être quelqu'un nous en parlera t-il un jour dans un autre message.



Après cette brève revue, il est temps d'en arriver au thème annoncé.

Dans les années 80, plusieurs études ont montré que la négligence pouvait être réduite chez certains patients s'ils utilisaient la main gauche (controlatérale à la lésion) pour répondre, dans diverses tâches, à des stimuli présentés dans la moitié gauche de l'espace.

Par la suite, surtout sous l'impulsion de l'équipe de Robertson (Irlande), de nombreuses études ont contribué à montrer que le simple fait de faire faire des mouvements, mêmes minimes, avec une partie gauche du corps (controlatéral à la lésion) suffisait à induire une baisse de la négligence. En réalité, l'effet n'est obtenu que si les mouvements sont réalisés par une partie du corps gauche (doigts, poignet, épaule, pied…) dans l'hémiespace gauche. Il n'est pas obtenu, par exemple, si des mouvements de la main gauche sont réalisés dans l'hémiespace droit ou si c'est la main droite qui bouge dans l'hémiespace gauche (l'effet ne semble donc pouvoir être lié à un simple accroissement de conscience de l'espace négligé suite à des mouvements réalisés dans cet espace). Par ailleurs, les mouvements doivent être actifs et non passifs (notons cependant que, dans une étude récente - à laquelle je n'ai pas eu accès - de Frassinetti, Rossi et Lavadas parue en 2001 dans la revue Neuropsychologia, les auteurs montrent que des mouvements passifs de grande amplitude du bras peuvent être efficaces) et l'effet bénéfique est éliminé si le membre droit est simultanément actif (l'effet ne semble donc pas pouvoir être attribué à un phénomène d'alerte généralisé). Enfin, il ne semble pas indispensable qu'il y ait un ancrage visuel sur le membre gauche pour que l'effet soit obtenu (certaines études suggèrent qu'indiçage moteur ET ancrage visuel produisent des améliorations plus stables et de plus longue durée, mais l'effet n'est pas le simple résultat d'un indiçage visuel gauche).



Quelle explication théorique peut-on donner à ces effets ?

De multiples représentations spatiales ou cadre de référence (par exemple centrées sur l'espace personnel, sur l'espace péri personnel ou sur l'espace locomoteur éloigné) existent et peuvent être altérés sélectivement après lésion cérébrale. Elles interagissent pour former un système de référence spatial cohérent, lequel est essentiel pour orienter les mouvements en fonction d'un but. Les systèmes de représentation étant intégrés, l'activation conjointe des circuits neuronaux responsables de la création de l'espace personnel ou somato-sensoriel gauche et de l'espace péri personnel (ou extra personnel proche) gauche accroît la perception de cet espace et pourrait réduire de façon durable la négligence unilatérale. Autrement dit, l'activation d'un membre controlatéral à la lésion active les circuits moteurs de l'hémisphère lésé et, peut-être aussi, contrecarre les effets de compétition inhibitrice en provenance de l'hémisphère non endommagé. Et c'est cela qui réduirait la négligence visuelle et probablement l'hémiasomatognosie.


Le premier message de cette série probable n'avait d'autre objectif que de fournir un cadre de réflexion. Dans la suite, j'espère donc présenter quelques articles spécifiques qui montreront que l'on peut espérer utiliser cela dans la pratique.

En attendant, si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à lire l'excellent article suivant :
Tom Manly (2002). Cognitive rehabilitation for unilateral neglect : Review. Neuropsychological Rehabilitation, 12 (4), 289-310.

http://www.tandf.co.uk/journals/pp/09602011.html
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Publié dans : Négligence
Dimanche 28 mai 2006 7 28 /05 /Mai /2006 00:00
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24  Titre: The Fluff Test: A simple task to assess body representation neglect.
Auteurs: G. Cocchini, N. Beschin and M. Jehkonen
Revue: Neuropsychological Rehabilitation, 2001, 11 (1), 17-31



Les auteurs commencent par rappeler que le syndrome de négligence spatiale unilatérale (SNU) est un syndrome très hétérogène qui implique des aspects cognitifs visuo-spatiaux distincts, ce qui suggère la nécessité d'en analyser les variétés de façon spécifique.

Ils tentent également de cerner la différence entre « autotopoagnosie » (l'incapacité à localiser les parties du corps sur son propre corps mais pas dans le domaine extra personnel).
L'autopoagnosie a été observée en association avec une négligence mais certains auteurs l'interprètent comme un trouble de l'organisation conceptuelle du schéma corporel plutôt que comme un trouble spécifiquement visuo-spatial. L'autopoagnosie et la négligence personnelle seraient dès lors deux manifestations différentes de déficits situés à des niveaux différents d'un système multiple de références de notre connaissance du corps.


Cocchini et coll. récapitulent alors les tests existants qui permettent de mettre en évidence les troubles de la représentation du corps en cas d'héminégligence (voir les messages précédents sur PONTT). Très justement, ils notent que toutes les tâches proposées jusqu'ici se focalisent sur la face. Le reste du corps est ignoré dans les tests (si ce n'est dans le test de Bisiach qui, malheureusement, étudie plus les aspects proprioceptifs que la connaissance de l'existence des membres).

Quant aux tâches utilisées pour tester l'autotopoagnosie (désignations et dénomination), elles sont sensibles à des troubles du schéma corporel en cas de lésions pariétales gauches chez des patients non héminégligents. Par ailleurs, en cas de SNU, la co-occurrence d'une négligence perceptuelle et d'une réduction de sensibilité proprioceptive de certaines parties du corps peut affecter les performances aux tâches si les stimuli sont visuels ou tactiles.


Un nouveau test clinique est donc mis au point, le Fluff test :

24 cercles de 2 cm de diamètre en carton blanc sont munis d'un velcro afin de pouvoir les attacher facilement et sans grande pression sur les vêtements.
Les sujets sont invités, yeux bandés, à les enlever tous : trois à droite et trois à gauche de la ligne médiane sur le torse, six sur le membre inférieur droit et six sur le gauche, six enfin sur le membre supérieur gauche (pour les patients LHD qui se servent de la main droite) ou droit (pour les patients LHG qui se servent de la main gauche).
Les yeux des sujets (qui ne connaissent pas le nombre de cercles) sont bandés pendant que quelqu'un lui colle les cercles et qu'un autre lui parle pour le distraire. Le test se termine lorsque le sujet dit avoir terminé.


Tous les sujets de l'étude ont aussi été soumis aux tests du peigne et du rasoir/maquillage (ci après le PRM) de Beschin et Robertson.
Enfin, les sujets devaient réaliser deux dessins de mémoire (une horloge et une marguerite), et ce afin d'obtenir une mesure simple de la négligence «représentationnelle» extra personnelle (au même titre que le test des horloges de Grossi et al. – Brain and Cognition, 1989 - que je vous présenterai sans doute un de ces jours).



27 patients LHD (dont 14 présentent une héminégligence extra personnelle) et 11 LHG sans héminégligence extra personnelle ont participé à cette étude et ont été testés deux fois à 15 jours d'intervalle.
38 sujets de contrôle ont également été testés (27 comme les patients LHD et 11 comme les patients LHG).



Les résultats indiquent tout d'abord que les deux groupes de sujets de contrôle ne diffèrent en aucune façon (pas d'effet significatif de la main utilisée, pas de différence significative entre les performances à droite ou à gauche du corps et, enfin, pas d'interaction).

Les patients (LHD et LHG) ne diffèrent pas des sujets contrôles lorsque l'on considère les performances du côté ipsilatéral à la lésion.


Les auteurs utilisent alors une procédure de score limite des sujets de contrôle (cut-off score) les conduisant à considérer comme pathologique (indiquant une négligence personnelle) tout score en deçà de 13 sur les 15 cercles situés du côté controlatéral à la lésion.

En fonction de ce critère, 12 des 27 patients LHD peuvent être considérés comme déficitaires au Fluff test. 10 d'entre eux font partie de 14 qui présentent aussi une négligence extra corporelle (ce qui signifie que 4 patients présentent une négligence extra personnelle sans négligence personnelle) et 2 n'en présentent pas (ils ont une négligence corporelle sans négligence extra personnelle).
Il est important de noter que, parmi les 14 patients LHD qui présentent une négligence extra corporelle, 8 ne sont pas déficitaires au test « PRM » du peigne et du rasoir/maquillage (la corrélation entre les deux tests – Fluff et PRM – est d'ailleurs très faible). 5 de ces 8 patients sont cependant en déficit au Fluff. Ceci permet de conclure, au moins pour ces patients, que leurs mauvais résultats au Fluff ne peuvent être dus à une hypokinésie directionnelle ou, si vous préférez, à une négligence motrice.

Pour les patients LHG, 2 des 11 sujets présentent des scores pathologiques pour les cibles controlatérales au Fluff.

Par ailleurs, on ne note que des corrélations assez faibles entre les résultats au Fluff et les résultats aux tâches de négligence extra personnelle.

Enfin, si l'on considère des variables telles que l'âge, le niveau socio-culturel et le sexe, seul l'âge est significativement en corrélation avec les performances au Fluff.
Par ailleurs, le coefficient de corrélation entre test et retest au Fluff est élevé.


Signalons encore que 5 patients sont déficitaires au Fluff mais pas au PRM, 4 autres patients présentant la dissociation inverse. Un de ceux-ci (NL, décrit par Beschin et al., 1997, Cortex, pp. 3-26
était en échec au Fluff et au test de dessins sans avoir le moindre problème aux tests perceptuels.
Et, 5 patients présentaient une négligence au test de dessins de mémoire sans être en échec au Fluff alors que 4 présentaient une dissociation inverse.



Cette étude tend à démontrer l'utilité clinique du Fluff (je suppose que son nom vient du bruit que font les cercles lorsqu'on les décolle…) dans la panoplie des tests d'héminégligence, et ce afin d'établir la présence ou non d'un trouble de la représentation mentale du schéma corporel et les aspects comportementaux de la négligence personnelle.
Le peu de corrélation entre ce test et les tests extra personnels vient appuyer l'idée que des systèmes attentionnels différents sont impliqués dans les domaines personnels et extra personnels.
Par contre, il peut sembler étonnant qu'il y ait aussi peu de corrélation entre le Fluff et le PRM. Il se pourrait en fait que les deux tests explorent des processus différents liés à la représentation du corps propre. Le Fluff serait plus sensible à un véritable trouble représentationnel qui empêche une analyse des différentes parties du corps et de leurs relations spatiales. Quant au PRM, une représentation claire de la face ne serait pas forcément nécessaire pour le réaliser. En ce sens, le patient NL est intéressant puisqu'il peut être décrit comme résultant d'un déficit représentationnel pur non limité à l'espace personnel (description d'endroits familiers, de lieux géographiques et tâches de dessins en mémoire, rappel différé de scènes complexes, …). NL est en échec au Fluff et au PRM, mais il n'éprouve plus aucun problème au Fluff lorsque celui-ci peut être réalisé avec les yeux ouverts !!!


L'étude tend aussi à confirmer que certains patients LHD ont un trouble spécifique de la « représentation » du corps (mauvais au Fluff et bons au PRM).

Quant aux patients LHG, deux présentent un déficit au Fluff. Ceci irait dans le sens de l'étude de Peru et Pinna présentée dans un message précédent sur PONTT. Il faut noter que ces deux patients n'étaient plus en difficulté lors du retest au Fluff, suggérant à nouveau des mécanismes différents de récupération après lésion hémisphérique gauche et droite.



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Bill



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Samedi 27 mai 2006 6 27 /05 /Mai /2006 00:30
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23  Titre: Right personal neglect following a left hemisphere stroke. A case report.
Auteurs: Andrea Peru and Giampietro Pinna
Revue: Cortex, 1997, 33, 585-590



L'héminégligence personnelle (que certains appellent aussi « hémiasomatognosie ») peut être dissociée de l'héminégligence extra personnelle, ce qui suggère l'existence de deux systèmes attentionnels fonctionnellement distincts, l'un orientant l'attention vers l'espace personnel et l'autre vers l'espace extra personnel. Cependant, une héminégligence personnelle (contrairement à une négligence extra corporelle) n'a jamais été décrite après une lésion hémisphérique gauche.

Peut-être les troubles aphasiques empêchent-ils de la mettre en évidence ou alors est-elle beaucoup moins évidente et plus transitoire qu'après lésion hémisphérique droite. Ou encore il se pourrait que seul l'hémisphère droit soit spécialisé dans l'orientation de l'attention vers l'espace corporel.


Les auteurs tentent d'exclure cette dernière hypothèse en décrivant le cas d'une patiente qui, après deux accidents hémisphériques gauches, a présenté une hémiplégie et une négligence personnelle droite limitée au bras et à la main sans le moindre signe de négligence extra personnelle, et ce durant deux semaines.


Il reste cependant possible que, chez cette patiente, les compétences spatiales n'étaient pas aussi bien latéralisées que les fonctions langagières…



Questions ouvertes qui, à ma connaissance, n'ont pas reçu de réponse !!!


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Publié dans : Négligence
Samedi 27 mai 2006 6 27 /05 /Mai /2006 00:20
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22  Titre: Personal versus extrapersonal neglect: A group study of their dissociation using a reliable clinical test.
Auteurs: Nicoletta Beschin and Ian H. Robertson
Revue: Cortex, 1997, 33, 379-384



Dans le compte-rendu précédent, vous aurez sans doute noté que la négligence personnelle était évaluée de manière assez sommaire (et un déficit proprioceptif pourrait à lui seul expliquer un mauvais résultat à la tâche) et que je n'ai donc pas insisté sur les résultats à ce test. Celui-ci avait en réalité été proposé par Bisiach et al. en 1986 (Neuropsychologia, 24, 759-767).


Beschin et Robertson définissent la négligence personnelle comme un manque d'exploration de la moitié du corps controlatérale à l'hémisphère endommagé. Cette négligence personnelle peut être soit considérée comme une altération spécifique de la représentation du côté gauche du corps, soit comme une incapacité à faire le lien entre informations perceptuelles et représentation corporelle.

En 1991, Zoccolotti et Judica (Neuropsychological Rehabilitation, 1, 33-34) ont proposé trois tâches destinées à mieux cerner cet aspect de la négligence : se coiffer, se raser (hommes) ou se maquiller (femmes) et mettre ses lunettes. La négligence unilatérale personnelle était à nouveau estimée assez sommairement sur une échelle à 4 points allant de « performance normale » à « déficit sévère ».

Beschin et Robertson ont donc cherché à :
- évaluer de nouvelles procédures plus sensibles,
- valider le test d'un point de vue clinique dans différents groupes de cérébro-lésés,
- vérifier l'existence de dissociations possibles entre négligence personnelle et extra personnelle.


Les sujets qui ont participé à l'étude sont 31 patients LHD (groupe 1 : 17 négligents visuels dans l'espace extra personnel gauche et, groupe 2 : 14 non héminégligents – cette négligence était testée au moyen de 3 tests de barrage, un test d'illusion, un test de copie de figures géométriques et un test de dessin de mémoire), 13 patients LHG (groupe 3) et 17 sujets de contrôle (groupe 4).



Les tests de négligence personnelle étaient :

- Le test du peigne. Les sujets sont invités à se peigner durant une période fixée à 30 secondes et le nombre de coups de peigne est enregistré en fonction de leurs positions sur la tête (gauche, droite ou ambiguë).
- Le test du rasoir (ou du poudrier, pour les femmes) suit la même logique que le précédent (côté gauche, droit ou ambigu du visage).


Pour chaque test, un score est obtenu en appliquant la formule suivante :
% gauche = coups à gauche / total des coups.

Puis ces scores ont été additionnés et le total divisé par 2 afin de n'obtenir qu'un indice de négligence personnelle, ce score combiné étant alors utilisé dans les analyses.


Les résultats indiquent :
- Une corrélation très élevée entre test et re-test,
- Que les performances sont équivalentes pour les sujets de contrôle et les patients LHG, que ces deux groupes négligent moins que les patients LHD sans négligence extra corporelle, ces derniers présentant globalement moins de négligence personnelle que les héminégligents extra personnels.
- Que 15 des 31 patients LHD présentent une négligence personnelle : 10 du groupe 1 et 5 du groupe 2. En fait, 7 patients présentent une négligence extra personnelle franche sans négligence personnelle et au moins 2 patients présentent une négligence personnelle sans négligence extra personnelle.




Cette étude conduit donc à mettre en évidence l'existence de doubles dissociations entre négligence personnelle et extra personnelle.

Les auteurs se posent aussi la question de savoir si le grand nombre de négligences personnelles ne pourrait pas, au moins en partie, expliquer les résultats prometteurs de stratégies de rééducation de l'héminégligence qui se focalisent sur l'activation d'un membre controlatéral à la lésion.



Je reviendrai sans doute sur ces techniques dans un autre message…. Je ferai aussi le compte-rendu d'un article où l'on propose une autre manière de tester la négligence personnelle.

Bill

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Publié dans : Négligence
Samedi 27 mai 2006 6 27 /05 /Mai /2006 00:10
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21  Titre: Improvement of the motor deficit of neglect patients through vestibular stimulation: Evidence for a motor neglect component.
Auteurs: G. Rode, M.T. Perenin, J. Honoré and D. Boisson
Revue: Cortex, 1998, 34, 253-261



La stimulation vestibulaire (SV) consiste à irriguer, durant 30 secondes, l'oreille - gauche pour les patients qui présentent une lésion hémisphérique droite (LHD) et droite pour ceux qui ont une lésion hémisphérique gauche (LHG) – au moyen de 60 cc d'eau à 20°.

L'héminégligence (la non prise en considération de l'espace controlatéral à la lésion), plus fréquente et de plus grande ampleur chez les patients LHD, peut avoir des manifestations très différentes qui peuvent apparaître de façon dissociée. Elle peut concerner l'espace extra personnel proche ou lointain, l'espace personnel (centré sur le corps), les représentations mentales imagées. Et une négligence motrice (sous utilisation des membres controlatéraux à la lésion) peut survenir sans hémiplégie et sans négligence visuo-spatiale.


Il a été à maintes reprises démontré que la SV a le pouvoir de réduire temporairement la plupart des manifestations et l'anosognosie liées à une héminégligence unilatérale.

Les raisons de ces effets sont l'objet de débats mais sont à mettre en relation avec un surcroît d'activation hémisphérique.


Dans cet article, les auteurs tentent de vérifier une observation qu'ils avaient faite quelques années auparavant sur un patient LHD souffrant d'héminégligence et d'une hémiplégie gauche. La SV, chez ce patient, non seulement réduisait temporairement les signes de négligence mais aussi des déficits moteurs. Ceci était interprété comme témoignant de la participation d'une composante de négligence motrice aux déficits moteurs.


Neuf patients LHD avec héminégligence sévère et hémiplégie, et neuf patients LHG hémiplégiques non héminégligents ont participé à l'étude. Tous étaient droitier sauf un patient LHG qui était ambidextre (ce dernier, le « n°17 », était aussi le seul patient LHG à avoir présenté des signes de négligence visuelle droite à la suite de son accident vasculaire).

Avant et après SV, les patients étaient soumis à un examen des déficits moteurs (échelle d'évaluation allant de 0 à 130), de la négligence dans l'espace personnel (capacité à toucher la main hémiplégique avec la main saine et estimation des performances sur une échelle à 4 degrés) et du degré d'anosognosie (échelle à 4 degrés).


Les résultats indiquent que la motricité contra lésionnelle est très significativement améliorée de façon temporaire (15 à 20 minutes maximum) pour les patients LHD mais pas pour les patients LHG.

En réalité, 7 patients LHD sur 9 présentaient une amélioration des performances motrices (force et présence de mouvements absents avant SV). Ces améliorations étaient plus manifestes pour le membre inférieur que pour le membre supérieur et elles étaient plus claires aux niveaux proximaux que distaux. Le pattern de recouvrement des déficits moteurs après SV est donc similaire à celui que l'on observe classiquement dans l'évolution spontanée des troubles moteurs d'origine corticale.
On ne sait trop pourquoi deux patients LHD n'ont pas présenté d'amélioration de leurs performances motrices après SV. Les auteurs avancent l'hypothèse que ceci pourrait être lié à l'ampleur desdéficits au niveau des réseaux moteurs.

Quant aux patients LHG, un seul s'est montré sensible à la SV et il se fait qu'il s'agit du patient n°17 (ambidextre et ayant été héminégligent droit transitoirement).



L'intérêt de ce travail n'est évidemment pas directement d'ordre thérapeutique : on n'a aucune raison de penser que la SV pourrait avoir des effets à moyen ou long terme.

L'étude met en évidence l'existence plausible d'une « composante de négligence motrice » (laquelle serait en quelque sorte mise en rémission après SV) associée aux déficits moteurs des patients héminégligents. Cette composante pourrait rendre compte de la plus grande incidence des déficits moteurs chez ces patients LHD. Et j'ajouterai qu'elle pourrait expliquer l'observation courante qui est qu'une héminégligence persistante est un des plus mauvais facteurs de récupération à tous les niveaux.

Notons encore que la SV pourrait aussi être un moyen de révéler ou de démasquer des capacités motrices latentes chez certains patients héminégligents.


Enfin, notons que :

- Vallar et al. (Brain, 1993, 71-86) avaient enregistré des effets similaires de la SV sur les déficits somato-sensoriels des patients négligents, indiquant ainsi qu'une composante non perceptuelle ou non sensorielle peut aggraver un déficit sensoriel primaire chez ces patients.
- La négligence motrice pure (sous utilisation des membres contra lésionnels sans hémiplégie et sans négligence visuelle) n'a sans doute que peu de rapport avec ce qui est décrit ici.
- Cette étude tend à montrer que les informations vestibulaires (au même titre que les informations visuelles et proprioceptives) participent à l'élaboration des représentations égocentriques de haut niveau, un processus supposé déficitaire chez les patients héminégligents. En d'autres termes, la stimulation vestibulaire activerait des zones non endommagées d'un système distribué sous-jacent à l'intégration multi sensorielle et à la représentation consciente de l'espace corporel et/ou extra corporel.

Bill


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